Twister City

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27 octobre 2008

Psychanalyse des contes de fées - Bruno Bettelheim - 2/2

Suite de ma critique sur la "Psychanalyse des contes de fées" de Bruno Bettelheim.


Je vais commencer par parler ici du côté psychanalytique présent dans cet ouvrage.

Il est donc très marqué par les théories de Freud. Ainsi, beaucoup d'interprétations sont mises à la sauce du "complexe d'oedipe".

Aussi, je ne crois pas qu'on puisse considérer que le complexe d'oedipe s'applique à tous les enfants et explique leur problèmes de développement ou les conflits parentaux. Ca me semble soit réducteur dans certains cas, soit complètement faux.

Alors quand l'auteur dit que Blanche-Neige est à l'origine de la jalousie de la Reine (par la relation complice qu'elle entretient avec son père au début du conte), je ne suis pas d'accord. Pour moi, il est normal qu'une enfant aime ses parents et cherche à les séduire car ils sont son modèle. En revanche la jalousie de la Reine n'a de provenance que d'elle-même et n'engage que sa responsabilité.

Il dit également qu'il est important de comprendre que c'est "aussi" grâce au comportement très dur et autoritaire de la marâtre que Cendrillon a pu s'épanouir (en surmontant ses épreuves), et je trouve ce message là très pernicieux (il légitimerait la violence éducative).

Enfin, l'auteur insiste sur le fait qu'il est important que les méchants soient châtiés en fin de conte (d'où en partie sa préférence pour les contes de Grimm). A mon avis, ça peut reflèter le fonctionnement de notre société actuelle, mais je ne crois pas que ça aide l'enfant dans sa vie. Car, par exemple, si quelqu'un s'identifie au loup du Petit Chaperon Rouge (ce que l'auteur exclue d'emblée), il ne veut pas finir comme lui et voudrait avoir d'autres chances.

A ce propos, l'identification avec le loup (ou autre personnage mauvais du conte) ne me paraît pas si inconcevable que ça. Le loup de l'histoire est le grand perdant car il se fait tuer (atrocement, si on lui met des pierres dans le ventre) pour son crime et surtout n'apprend rien sur le mal qu'il a fait. Un enfant puni sans moyen de s'améliorer peut facilement s'identifier au loup et concevoir un certain désespoir dans la fin qui l'attend.

De plus, je trouve que la fin du loup qui se fait tuer est moins réaliste que celle du loup qui s'enfuit. dans le premier cas, on peut croire que le Petit Chaperon Rouge n'a désormais plus rien à craindre (du coup quel serait l'intérêt de l'histoire qu'elle a vécue ?). Dans la réalité le loup est toujours présent (même s'il s'est enfui), et le Petit Chaperon Rouge doit pouvoir s'en défendre plus intelligemment grâce à son expérience.


Après avoir lu une biographie de Bruno Bettelheim, j'ai remarqué qu'il défendait la théorie selon laquelle l'autisme n'aurait pas de base organique ; ce à quoi j'adhère et qui me semble courageux à l'époque vu l'opposition qu'il a pu avoir à ce genre d'idée.

Je me dis que d'autres ouvrages de lui comme "la forteresse vide" doivent être intéressant à lire.


Voilà, je pense donc que "Psychanalyse des contes de fée" est un livre intéressant et le sujet est bien traité, mais je mets un gros bémol sur certaines conclusions.


Grogrommentaires

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