Twister City

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29 janvier 2006

"La part de l'autre" - Eric-Emmanuel Schmitt - 3

Suite de ma critique sur le livre "La part de l'autre" d'Eric-Emmanuel Schmitt.

Raconter l'histoire du véritable Hitler est autrement plus compliqué. Schmitt l'avoue d'ailleurs dans son post-face : plus il avançait dans l'histoire de Hitler et plus il avait de mal à rentrer dans son personnage. Schmitt dit que c'était une torture que de se mettre dans la peau de quelqu'un qui a commis autant de crimes. C'est tout à fait compréhensible et j'imagine sans peine le mal-être de l'auteur à se mettre dans la tête d'Hitler.

Et, en effet, au court de l'histoire, le récit d'abord subjectif de la vie d'Hitler laisse peu à peu place à une vision plus extérieure et critique. A la fin, Schmitt raconte la vie de Hitler du point de vue de son architecte, de son amante, de son médecin, et même de Mussolini.

Sinon je crois que le récit de l'histoire du vrai Hitler est fidèle à la réalité dans l'ensemble ; sauf à propos de deux ou trois détails qui me semblent louches. Par exemple, Schmitt dit à un moment que, suite à son appel au front (je ne sais plus le contexte), Hitler subit une hypnose par un médecin. Et cette hypnose induit ensuite chez Hitler sa haine raciale envers les Juifs. Je ne sais pas si Hitler a réellement été hypnotisé par un médecin tel que Schmitt le raconte (ça me semble quand même louche). Mais je trouve cette idée d'expliquer sa haine antisémite assez farfelue. Je pense plutôt que sa haine raciale est venue progressivement à travers son expérience de la guerre et ses rencontres, ou alors elle prend ses sources dans son histoire familiale (des doutes existaient concernant l'origine juive du père de Hitler).

Je trouve finalement très dommage que Schmitt n'ait pas pu donner un vrai récit subjectif en se plongeant complètement dans la tête d'Hitler sans juger le personnage (malgré ses crimes). Car, si j'ai bien compris, le but du livre n'était pas de juger qui que ce soit, mais de mettre en évidence ce qui a poussé Hitler à commettre tous ses méfaits et ce qui aurait pu le détourner de ce destin (et l'impact que ça aurait eu sur la société d'alors).

La lecture des commentaires de l'auteur sur son site m'a encore une fois aidé à mieux comprendre son état d'esprit pour aborder ce thème. Dans le premier paragraphe, Schmitt parle d'un monstre à propos de Hitler, il s'empresse également d'ajouter qu'il est impardonnable. Il conclut ce paragraphe sur cette remarque négative : "Qu'il est inconfortable d'être un homme !" ; sous prétexte que parmi nous, des gens sont capables des pires crimes. D'un point de vue général et humainement parlant, je comprends ces propos. Mais venant de la part d'un philosophe avec l'objectif d'écrire un tel livre, je crois que c'est faire fausse route.

Dire que Hitler est un monstre, c'est s'aveugler quant au fait que des êtres humains innocents aujourd'hui puissent commettre des crimes plus tard, c'est se barrer la route qui nous mène à la compréhension du processus qui fait qu'un homme peut être pousser au crime. Nous ne pouvons plus nous permettre aujourd'hui de tels raccourcis. A l'heure où j'écris, de part le monde, des gens meurrent encore par la folie d'hommes semblables à Hitler. Et ces hommes là ne sont pas des monstres mais des êtres humains. Ce simple constat est indispensable pour pouvoir prétendre se mettre à leur place et les comprendre (en vue de prévenir de nouveaux crimes).

Egalement, ici, Schmitt montre sa réticence à se plonger dans la tête de Hitler en confondant "comprendre" et "excuser" (ou pardonner). Mais, il ne s'agit évidement pas de pardonner ou excuser qui que ce soit. Il s'agit juste de comprendre.

Je continuerai cette critique plus tard. Je pense en finir avec une dernière note sur l'enfance de Hitler, et éventuellement des commentaires sur ces quelques notes de l'auteur. En attendant, je rappelle l'adresse du site de l'auteur où il parle de "La part de l'autre". Et pour ceux qui ne comprennent pas de quoi je parle, procurez vous le bouquin ! :-)


Grogrommentaires

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